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Afrique: Croissance démographique et chômage - Dure équation pour les ministres de la Jeunesse

Date: 16/01/2017

Par Ebou Mireille Bayala allafrica.com

La population africaine croît plus vite que les ressources si bien que 60 jeunes sur 100 sont sans emploi et les 40 autres dans l'informel. En marge donc du Sommet Afrique-France, les ministres en charge de la Jeunesse des pays africains se sont réunis le jeudi 12 janvier 2017 à Bamako afin de faire un plaidoyer de haut niveau pour trouver une solution au décalage qui existe entre la croissance démographique et le chômage.

L'on entend par dividende démographique la croissance économique résultant de l'évolution de la pyramide des âges de la population d'un pays. Un dividende démographique survient lorsque la baisse du taux de natalité entraîne des changements dans la distribution par âge d'une population ; ce qui signifie que moins d'investissements sont nécessaires pour répondre aux besoins des groupes les plus jeunes et que les adultes sont relativement plus nombreux dans la population des personnes actives. Ce phénomène crée une opportunité de croissance économique et de développement humain plus rapide pour un pays, sachant que plus de ressources sont disponibles pour être investies dans le développement économique et le bien-être familial.

Cette situation est loin d'être proche de la réalité en Afrique puisque, selon les chiffres récents de 2016, à en croire la coordonnatrice résidente des activités opérationnelles du Système des Nations unies au Mali, Mbaranga Gasarabwe, en 2016, la population mondiale était estimée à 7,4 milliards dont 24% représentent les jeunes de 10 à 24 ans. Cette frange est en constante augmentation en Afrique de l'Ouest et du Centre où les jeunes représentent 64% de la population. Des chiffres qui, selon elle, montrent que la population africaine est en majorité constituée d'adolescents de 10 ans qu'il faut prendre en compte dans les politiques publiques et la planification. Mais cette frange d'enfants est confrontée à une panoplie de problèmes que sont la non-scolarisation, la déscolarisation et les filles de cet âge exposées au mariage précoce, aux grossesses non désirées, au VIH-SIDA, aux fistules...

C'est pourquoi en marge du Sommet Afrique-France, les ministres de la Jeunesse de plusieurs pays d'Afrique dont ceux du Congo, du Sénégal, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, de la Mauritanie, du Burkina Faso, du Niger, du Togo, de la République Centrafricaine, du Tchad, etc. se sont réunis en vue de réfléchir à la question et faire un plaidoyer aux chefs d'Etat qui seront en conclave lors du Sommet pour une meilleure prise en compte de la capture du dividende démographique dans les politiques et programmes.

En dehors de cet aspect, il ressort que 60 jeunes sur 100 n'ont pas d'emploi. Et la majeure partie de ceux qui exercent un emploi sont dans l'informel. Ces données sont corroborées par ceux du directeur régional de l'UNFPA pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, Mabingue Ngom. La population de l'Afrique au sud du Sahara est de 883 millions d'habitants dont 1/3 a entre 10 et 24 ans, soit 280 millions d'adolescents et de jeunes qui sont les plus exposés. Pour lui, les jeunes doivent être considérés comme le moteur du dividende démographique.

Ainsi, les participants auront à réfléchir sur comment inverser la tendance, en faisant en sorte que la population active soit majoritaire. Comment transformer ce potentiel en moteur de développement durable, et comment investir en notre jeunesse pour qu'elle contribue à l'émergence de nos pays et à la consolidation de la paix ?